Sage-femme belge, engagée et mobilisée en quelques semaines… Mon secret ? Facebook !

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Je m’appelle Julie, je suis sage-femme et depuis peu, réserviste sanitaire ! J’ai fait mes études à Bruxelles et j’y vis encore aujourd’hui. Mi-mai, je suis tombée sur un message en consultant le site web de l’ordre des sages-femmes de France : la Réserve sanitaire recherchait des sages-femmes pour des missions urgentes. L’aventure m’a tout de suite tentée mais j’avais beaucoup de questions… Comme le message nous invitait à aller sur la page Facebook officielle de la Réserve sanitaire, c’est ce que j’ai fait. J’ai vu les posts sur les missions en cours, et j’ai commencé à poser une ou deux questions en message privé. Et là, incroyable ! J’ai eu des réponses immédiates et très complètes. Le staff de la Réserve me répondait en général en moins de 10 minutes. Une réactivité à toute épreuve ! J’ai pu ainsi en toute confiance remplir toute seule mon dossier de réserviste, et le voir aboutir en quelques jours seulement.

Facebook : c’est ce qu’il y a de plus simple. Dès que j’avais une question, je passais par la page officielle. J’ai compris que même pour le staff c’est plus rapide que de nous avoir tous au téléphone ou par mail !

Moins de deux mois après avoir lu l’appel, me voilà dans l’avion direction la Guyane ! J’ai été retenue pour une mission à Saint-Laurent-du-Maroni. Mon quotidien : intervenir en salle d’accouchement pour permettre aux sages-femmes locales spécialisées en échographie de se libérer et ainsi mieux suivre les grossesses à risque. Il faut savoir que la Guyane est touchée par le virus Zika, qui a d’importantes conséquences sur le développement des fœtus. Normalement, on effectue cinq échographies de contrôle par grossesse. Mais si on détecte le Zika chez la patiente, on passe à sept échographies par grossesse. Mes collègues compétentes en échographie avaient donc beaucoup de travail, et j’étais fière de les soulager par ailleurs.

Partie pour une mission de trois semaines, j’étais prête à monter dans l’avion de retour quand le staff de la Réserve sanitaire m’a proposé de prolonger ma mission de deux semaines. J’étais super contente de pouvoir rester plus longtemps ! L’équipe sur place est très sympa et c’est vraiment une excellente expérience.

En Guyane, j’ai vu des choses que je n’avais pas vues pendant mes études, des pathologies que l’on ne rencontre quasiment plus dans nos établissements : saturnisme, carences alimentaires…

Le rythme de travail est aussi très soutenu : en France on fait un à deux accouchements et trois consultations par jour, là c’est trois accouchements et sept consultations par jour ! C’est vraiment intense et dans des conditions parfois précaires mais tout le monde fait de son mieux  pour assurer le meilleur suivi des patientes.

Ce suivi justement est particulièrement compliqué : la plupart des femmes là-bas n’ont pas l’habitude d’être accompagnées pendant leurs grossesses. Certaines d’entre elles sont inquiètes, hésitent et il faut parfois les conduire jusqu’à l’avion pour s’assurer qu’elles se rendent à Cayenne pour accoucher.

Et puis les populations de Guyane souffrent d’une grande précarité, sont souvent peu informées, et il est difficile de toucher certains milieux les plus reculés. Alors il faut s’adapter. Pour moi, c’est plus simple car je travaille habituellement en intérim, je m’adapte donc assez vite à de nouveaux environnement travail. J’ai aussi eu la chance d’avoir fait un stage de deux mois en outre-mer pendant mes études, à la Réunion. Mais en Guyane, c’était tout à fait différent.

J’ai appris quelques mots de taki taki : ça me permettait d’échanger un peu avec les patientes, de pouvoir les rassurer, leur expliquer ce qu’il se passait.

Une chose est sûre : si on m’appelle pour repartir, je ne dirais pas non !! Tous mes collègues savaient que je partais en mission et depuis que je suis revenue, je sais que plusieurs d’entre elles se sont inscrites. Ça me rend très heureuse !

En tout cas, moi, je ne regrette pas d’avoir surfé ce jour-là sur internet, et d’être allée faire un tour sur la page Facebook de la réserve sanitaire. Ça m’aura donné l’occasion de devenir réserviste et de vivre une grande et belle aventure, tant professionnelle qu’humaine.

Sages-femmes et gynécos réservistes : passionnante mission à Mayotte !

mayotte pour le blog

Nous sommes Cécile, François et Jean-François, sages-femmes et gynécologue-obstétricien partis en renfort des équipes de l’hôpital de Mamoudzou, membres de la 1ere et de la 2e équipe de réservistes partis sur cette mission. Beaucoup de gens nous demandent « Alors, c’était comment cette mission ? » alors voilà, on a pris collectivement la plume !

Arriver en premier et installer une mission

En tant que référente de la première rotation de réservistes, moi, Cécile, j’étais chargée d’organiser la vie sur place, avec les premiers réservistes partis avec moi, dont François. Dans la première équipe il y avait 4 sages-femmes et 2 gynécologues, dans la deuxième, arrivée quelques jours après, il y avait 1 sages-femme et 3 gynécologues.

Quand on part sur une première équipe, c’est souvent un peu compliqué : à la fois nous sommes très attendus et à la fois il faut procéder à quelques « réglages » logistiques, expliquer aux collègues locaux qui nous sommes, ce que nous venons faire, ce qu’est  la Réserve sanitaire, comment elle est déclenchée, et le fait qu’elle apporte un renfort à titre ponctuel, lors d’une situation sanitaire exceptionnelle.

Dès notre arrivée, nous avons rencontré l’ARS de Mayotte auprès de laquelle nous sommes affectés. Faire le point à l’arrivée avec l’ARS c’est essentiel, à la fois pour se familiariser avec les enjeux de la mission, et préparer efficacement le « tuilage » avec les réservistes supplémentaires qui vont arriver et nous succéder. 

Une équipe de réservistes, c’est aussi un groupe de professionnels qui ne se connaissent pas avant la mission : il faut créer, souder cette équipe, qui va assumer collectivement une mission de renfort pour le compte de l’Etat et qui va devoir vivre ensemble en mission pendant plusieurs semaines. Ce travail sur l’équipe, on l’apprend lors des exercices terrain EPRUS, c’est souvent une activité dont l’intensité est sous-estimée mais qui est essentielle à la réussite.  

 

 

Des activités qui correspondent à nos compétences respectives

Pour être les plus efficaces possible, nous avons décidé d’assurer chacun le même poste tout au long de sa mission. En fonction de nos différents niveaux de compétences, et au regard du rythme intense de nos gardes, nous avons assuré des activités qui correspondaient aux compétences de chacun.

Nous nous sommes répartis entre les salles d’accouchement, le bloc obstétrical, les consultations du 9e mois, et les urgences où Cécile occupait de le poste de « tri”, c’est-à-dire était chargée d’évaluer le degré d’urgence des patientes, prendre en charge pour les premiers soins d’urgence avant d’orienter celles-ci vers les autres services, ou réaliser les consultations d’urgence en cours de grossesse.

 

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Des journées intenses  et riches !

La maternité de Mamoudzou est la plus grande de France avec près de 9 000 naissances attendues cette année contre 3 500 à 4 000 en moyenne pour une maternité importante en métropole. En effet, cette activité de l’hôpital est en partie liée à l’arrivée de nombreuses femmes enceintes des Comores, îles voisines de Mayotte. Alors sur place, les journées sont intenses et riches ! En journée nous travaillons :

  • pour les médecins de 7h30 à 18h et de 17h à 7h30
  • de 7h à 20h pour les sages-femmes.

Nous prenons en charge des femmes qui ont des pathologies que l’on ne voit peu ou plus en métropole, ou du moins, pas à un stade aussi avancé : diabète gestationnel, hypertension artérielle, mais aussi quelques cas d’hémorragie de la délivrance. On rencontre aussi régulièrement des femmes qui découvrent leur grossesse lors de la consultation.

 

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Utilité de notre mission et reconnaissance des collègues : une expérience très forte

Dans un tel contexte, nous nous sommes senti-e-s particulièrement utiles. Évidemment auprès des patientes, mais aussi auprès des sages-femmes sur place. Elles étaient très attachantes et parfois, quand elles nous croisaient dans la rue, elles avaient plaisir à nous faire un grand bonjour !  Elles étaient vraiment bienveillantes et reconnaissantes.

Un jour des sages-femmes nous ont dit : “Vous ne pouvez pas imaginer le bien que vous nous faites, vous qui avez décidé de tout laisser pour être à nos côtés.

Avec les réservistes, nous avons vécu une expérience très forte : nous avions des caractères différents, mais notre envie de nous investir dans un projet citoyen tel que celui-ci nous a soudés et nous pouvions compter les uns sur les autres.

Faire équipe avec les nouveaux réservistes qui arrivent

Nous avons veillé d’ailleurs veillé à cet aspect lorsqu’il s’est agi d’intégrer les nouveaux réservistes arrivant sur place, pendant la période de « tuilage ». Ainsi par exemple le médecin réserviste arrivant a pu assurer sa première garde en doublure avec le réserviste déjà présent. C’est important pour avoir une idée géographique du service, et comprendre au plus vite comment il fonctionne. On est rapidement devenus une équipe soudée : on était ensemble pendant le travail et on se retrouvait aussi le soir et durant nos jours de repos.

Transmettre aux autres sages-femmes

Après sa mission, Cécile a représenté, avec Julie, les sages-femmes de la Réserve sanitaire aux Assises Nationales des Sages-femmes à Saint-Malo du 25 au 27 mai.

La Réserve compte moins d’une centaine de sages-femmes, c’est encore trop peu pour assurer une présence intensive sur les lieux où la Réserve est appelée, car seuls les réservistes disponibles et volontaires pour une mission peuvent partir (sous réserve de l’accord de leur employeur s’ils en ont un). En plus, les missions sont courtes pour permettre à chacune et chacun de s’organiser au mieux au plan personnel et professionnel, mais du coup les rotations sont fréquentes et les besoins assez élevés. Il faut donc que nous soyions très nombreux et nombreuses pour que la Réserve puisse relever les défis qui lui sont demandés !

Photo 4Les Assises ont réuni environ 2000 professionnels, et environ la moitié se sont rendus sur le stand et 500 sages-femmes ont montré leur intérêt pour s’engager. Nous espérons que nos récits de missions les encourageront à finaliser leurs dossiers ! On compte sur elles et sur eux !

Cécile, François et Jean-François, réservistes sanitaires

 

 

La réserve sanitaire : mon accélérateur de carrière

Sacha en exercice

Je m’appelle Sacha, je suis infirmier diplômé depuis 2013. J’ai travaillé aux urgences et en réanimation à Toulouse pendant deux ans.

Pendant mes études, dans le cadre de recherches pour mon diplôme, j’ai découvert la Réserve sanitaire. A la fin de mes études je cherchais déjà à m’engager autrement, en mettant mes compétences professionnelles dans un environnement différent. La Réserve sanitaire est donc vite apparue comme une évidence pour moi.

Je suis d’abord devenu, assez simplement, réserviste sanitaire. Je me suis inscrit sur internet et j’ai renvoyé mon contrat de réserviste. Je me suis inscrit aux formations proposées : journée d’information zonale, formation sur l’environnement de l’aide internationale, formation Habillage/déshabillage en tenue de protection Ebola, et enfin exercice terrain.

Au moment des attentats de Paris en novembre 2015, j’ai signalé que j’étais disponible. J’ai donc été mobilisé pour ma première mission sur la cellule d’aide aux victimes au Quai d’Orsay à Paris.

sacha 3Une fois sur place,  j’ai d’abord travaillé comme « opérateur » dans la réponse téléphonique de soutien et d’information aux victimes et à leurs familles.  Il se trouve que j’avais des compétences informatique, on m’a donc rapidement confié un rôle dans le suivi des données informatiques sur les personnes blessées et leurs proches. sacha 2

Au bout de quelques jours à peine, alors que l’activité de la cellule d’aide aux victimes augmentait fortement, on m’a demandé de devenir « Chef de salle ». Mon rôle : organiser le plateau de réponse téléphonique, la collecte et vérification des données et être le relais entre le terrain, les responsables de la gestion de la réserve sanitaire, et les responsables du centre de crise et de soutien. Un rôle de coordonnateur donc, au cours de cette intense et délicate mission.

Cette mission de réserviste sanitaire coordonnateur au Quai d’Orsay a été décisive pour moi : nouvelles compétences, rencontres avec les acteurs de notre système de santé et de gestion de crise, avec d’autres réservistes, etc…

S’engager pour un organisme d’Etat correspondait à mes valeurs, et au sens que je voulais donner à mon travail : service public, acte citoyen, …

J’ai adoré cette expérience et ai voulu aller encore plus loin.

J’ai donc arrêté mon activité professionnelle et me suis inscrit dans un Master en Politique Publique Mention Action Humanitaire d’Urgence. Pour mon stage, j’ai frappé à la porte … du service « Réserve sanitaire », géré alors par l’EPRUS devenu depuis mai 2016 Santé publique France.

Et voilà. On est début août 2016, et je termine un fabuleux stage de Master à l’EPRUS

Six mois de stage très intense, de l’autre côté du miroir : aux côtés de l’équipe EPRUS, je me suis occupé des missions et des réservistes. La gestion des opérations faisait parfaitement le lien entre ma formation initiale, mon activité de réserviste, et le Master que je prépare en ce moment. J’ai été bien stressé au début quand je me suis rendu compte du rythme et du volume de choses à faire -et à ne pas oublier de faire – pour que les réservistes partent sur une mission ! Formé par l’équipe au maniement des outils (la gestion des appels à mobilisation, la gestion d’AGIRS, etc) mais aussi à la commande de billets d’avion, de train, d’hôtels, aux briefings et aux débriefings, je me suis vite retrouvé dans mon élément dans cette équipe très restreinte mais très dynamique !

Cellule crise Mayotte 10 juin 2016 021

J’ai aussi participé à la préparation et à la tenue du séminaire référents, et assuré les formations en anglais sur les exercices terrains en binôme avec Gauthier. Et puis j’ai représenté la réserve sanitaire sur les salons comme Secours Expo ou Paris Healthcare Week.

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Travailler en interne à l’EPRUS, ça m’a apporté énormément ! Comme la plupart des réservistes, je n’avais pour ainsi dire aucune idée de ce que représente la « vie d’une mission » côté siège de la réserve sanitaire : les discussions préalables à la mise en route d’une mission avec les autres intervenants, tant au sein du ministère de la santé qu’en interministériel, les questions d’arbitrages qui rendent les missions si volatiles (et génèrent donc parfois de la frustration que ce soit pour les cadres à Saint-Denis ou pour les réservistes), les heures et les jours passés à sélectionner les réservistes, planifier les missions et les relèves, prévoir la logistique avant et pendant la mission, etc.

Au quotidien, pas de journée classique ! Notre travail est de préparer les missions, les appels à mobilisation, sélectionner et appeler les réservistes, suivre les missions en cours, lire les rapports de missions, gérer l’acheminement des réservistes… On ne s’ennuie jamais !

Sacha avion retravaillée

En réalisant mon stage à l’EPRUS, j’ai pu découvrir un aspect plus politique des missions. J’ai été confronté au quotidien à la difficulté de monter certaines missions, de les piloter à distance, tout en faisant en sorte de répondre aux attentes de chacun : ministère de tutelle, bénéficiaire de la mission (ARS en particulier), réservistes, etc.

Je suis heureux d’avoir pu participer à cette belle aventure qu’est la Réserve sanitaire. C’est un outil formidable et quasi unique au monde dans la réponse aux situations sanitaires exceptionnelles, au sein duquel chacun donne énormément de son temps et de son énergie (!). C’est un organisme en perpétuelle amélioration. J’y ai rencontré des personnalités singulières qui m’influenceront pour longtemps dans ma vie professionnelle.

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Mon stage se termine, et je prépare mon entrée en Master 2. Ce qui est sûr c’est que je suis plus réserviste que jamais, et totalement prêt -et impatient – pour une prochaine mission !

Sacha

Infirmier

Réserviste sanitaire

Médecins généralistes : on a besoin de vous à Mayotte !

Daniel et Sylvie

Nous sommes Daniel et Sylvie, médecins généralistes et réservistes sanitaires, de retour de Mayotte, où nous avons effectué une mission durant tout le mois de juin.

A l’approche de l’été, l’afflux de patients est toujours très important, mais les effectifs médicaux et paramédicaux de l’île sont tendus. L’agence régionale de santé Océan Indien a fait appel au ministère de la santé pour et la réserve sanitaire a été mobilisée pour renforcer les équipes sur place et garantir la continuité de service des hôpitaux.

Je voyage beaucoup donc je ne me suis jamais senti en insécurité, je n’ai senti aucune agressivité. Ça ne craint pas tant que ça, la population est très bienveillante (Daniel)

Notre mission sur place : réaliser un audit des besoins de personnel médical. Pour cela nous avons rencontré beaucoup d’acteurs locaux de la santé : Agence régionale de santé, direction de l’hôpital, responsables de secteurs (qui gèrent des dispensaires de brousse, souvent perdus dans des petits villages)… Finalement, il faudrait une dizaine de médecins pour assurer les remplacements d’été et lors de notre mission, seuls deux étaient arrivés sur place…

Conséquence directe de cette pénurie de personnel : les dispensaires sont contraints de fermer et ce sont les urgences de l’hôpital de la capitale, Mamoudzou, qui sont prises d’assaut.

Au delà de cette mission d’évaluation et d’audit, nous avons aussi mis la main à la pâte, notamment en aidant aux urgences et pour une campagne de vaccination.

Humainement, ça a été une mission extrêmement enrichissante. On apprend beaucoup de toutes les personnes que l’on rencontre. Chaque échange est riche d’enseignement et les gens sont toujours très reconnaissants et nous remercient sans cesse. (Sylvie)

Professionnellement aussi, c’est enrichissant. On sort de notre cabinet médical, de notre routine de généraliste, pour revenir à plein de petits actes techniques que l’on n’avait pas pratiqués depuis longtemps. Faire des points de suture, ouvrir des abcès, soigner des plaies… Ce qui est satisfaisant c’est que l’on est efficace très rapidement avec quelques gestes simples et aussi parce qu’il y a beaucoup moins de résistance aux antibiotiques qu’en métropole.

Ce qui est plus compliqué c’est de suivre les patients atteints de maladies chroniques : il y a la barrière de la langue parfois, et également la difficulté de faire suivre un régime spécifique à une personne qui, souvent, ne mange déjà pas à sa faim. Il faut s’adapter aux situations sur place.

Si c’était à refaire, nous repartirions sans aucune hésitation. Là-bas on sent tout de suite notre utilité, on aide directement la population avec nos connaissances. Ce n’est pas de la médecine compliquée, on peut vraiment aider beaucoup de monde avec, finalement, assez peu de choses.

À tous nos collègues médecins généralistes, nous avons envie de vous dire : engagez-vous, vous verrez, c’est une expérience enrichissante et inoubliable !

 

Sylvie et Daniel

Réservistes sanitaires

Médecins généralistes

 

Opération de médicalisation à Verdun : mes premiers pas en tant que référente

Je m’appelle Sophie, j’ai 36 ans et je suis infirmière anesthésiste à Amiens. Cette année, je suis en disponibilité de la fonction publique hospitalière. Cela m’a permis de répondre à l’appel de la réserve sanitaire pour intervenir en renfort lors des commémorations de Verdun le dimanche 29 mai. Je vis près des lieux de la mission et, sensible aux commémorations historiques, j’étais déjà intervenue pour médicaliser un événement, l’Anzac Day, à Villers-Bretonneux avec le SAMU 80.

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Je fais partie des premiers réservistes à s’être inscrits en 2007 : je suis très exactement la 47e comme l’indique mon matricule !

La première mission pour laquelle j’avais postulée, pour Gaza en 2006, avait finalement été annulée. Mais depuis, j’en ai réalisées pas mal : en Guyane pour lutter contre l’épidémie de Dengue (2013) ; en Guadeloupe en renfort du bloc opératoire dans le cadre de l’épidémie de Chikungunya (2014) ; à Cambrai, deux jours en renfort de dispositif prudentiel mis en place par l’ARS au teknival (2015) ; en Guinée pour lutter contre Ebola (2015) ; à Paris auprès de la cellule du CIAV (fin 2015)…

A Verdun, j’étais référente de la mission : une grande première pour moi ! Nous étions quatre réservistes, répartis en deux binômes : d’un côté Thierry et Christian, de l’autre Ghislain, et moi. Nous étions en charge du matériel médicalisé dans les deux rames de TGV au départ de Paris pour la Meuse, transportant les 700 invités aux commémorations. Nous devions les accompagner jusqu’au lieu des Commémorations et assurer leur secours dans le train et sur place si besoin.

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Debout dès 5 heures, j’ai pris le train pour arriver au rendez-vous Gare de l’Est à 8h30. J’ai ensuite fait connaissance avec les autres membres de l’équipe. La mission a commencé de suite : nous devions nous assurer d’avoir reçu l’intégralité du lot de médicaments, les répartir entre les deux binômes, prendre connaissance de l’emplacement du matériel afin d’être réactifs si besoin. C’est un moment qui peut paraître fastidieux mais qui est important pour préparer la journée et éventuellement les prochaines mission, par exemple en signalant des manques dans les lots.

Une fois sur place, nous avons posé le matériel à un endroit stratégique afin qu’il nous soit utile en cas d’urgence : au niveau du Dispositif premiers Secours (DPS 1). Nous avons également pris contact avec le SAMU afin de prendre connaissance des lieux de la cérémonie, de son déroulement et nous organiser au mieux.

Nous avons ensuite fait le chemin inverse pour arriver Gare de l’Est à 21 heures : ce fut une journée éprouvante sur la durée ! Avec les autres réservistes, nous avons pris le temps de d’échanger autour d’un bon repas après cette journée dense. En temps que référente, j’ai pu glaner quelques informations à faire remonter dans mon premier rapport !

Lorsqu’on fait nos rapports de mission, on pense avant tout à parler de ce qui s’est passé et on oublie généralement de pointer ce qui ne s’est pas passé, et qui est pourtant tout aussi significatif !

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L’opération s’est très bien déroulée. Nous n’avons eu aucun problème majeurs, seulement quelques blessures légères d’enfants qui ont réalisé des chorégraphies. Pour les prochaines fois je tâcherai donc de fournir des rapports encore meilleurs ! En résumé, une mission d’une journée était l’idéal pour découvrir ce nouveau rôle de référente : j’ai maintenant une nouvelle corde à mon arc !

 

 

Sophie, infirmière anesthésiste, Réserviste référente de mission

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Mobilisée pour une campagne de vaccination contre la méningite

Je m’appelle Nathalie, je suis médecin chez SOS Médecins à Lyon, en garde de 10h ce qui me laisse un peu de liberté pour mon autre engagement : médecin pour la réserve sanitaire et coordinatrice de mission.

Lorsque qu’une épidémie de méningite s’est déclarée dans le Beaujolais, la réserve sanitaire a lancé une alerte et j’ai tout de suite répondu présente ! Dossier à jour et proximité géographique, je pouvais rapidement me libérer et intégrer l’équipe qui est partie le 11 avril et doit rester sur place encore un mois environ. Nous sommes six réservistes mobilisés : Jean (pharmacien), Bénédicte (puéricultrice), Chantal (infirmière), Amaury, Françoise et moi (médecins).

Notre mission : vacciner la population de 12 communes, toutes les personnes âgées de 2 mois à 24 ans. Ca représente un nombre considérable ! L’ARS n’a pas le personnel à disposition pour réaliser une opération de cette ampleur, elle a donc demandé des renforts à l’EPRUS.

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Une fois sur place, j’étais chargée de coordonner l’équipe et les missions. Il nous a fallu commencer par prévoir les centres de vaccination (leur emplacement, leur équipement…) mais aussi réaliser les plannings des infirmières et des médecins, et bien sûr s’assurer de la sécurité des transports et de la conservation des vaccins (ils doivent être conservés au froid – une contrainte supplémentaire !)

En à peine une semaine, on a monté deux centres dédiés à la vaccination, pendant les vacances scolaires : l’un à Quincié-en-Beaujolais et l’autre à Saint-Etienne-La-Varenne. Ils étaient ouverts un jour sur deux, en alternance. Depuis la rentrée scolaire, les deux centres sont ouverts uniquement le samedi.

J’ai toujours voulu faire des soins à l’étranger. J’ai intégré l’EPRUS en octobre 2014, cela me correspondait vraiment : des missions pas trop longues et qui utilisaient mes compétences dans un quotidien complètement différent.

J’ai réalisé ma première mission en février 2015 à Conakry, je m’occupais du contrôle sanitaire aux frontières. Nous réalisions alors les protocoles de prises en charge et nous étions en relations avec de nombreux acteurs locaux, c’était passionnant !

Fin mars 2016, je suis repartie de nouveau, à la suite des attentats à Bruxelles, pour assurer le suivi des ressortissants français hospitalisés sur place.

Aujourd’hui, dans le Beaujolais, c’est ma troisième mission. C’est certes moins dépaysant géographiquement, mais c’est quand même émouvant d’aller dans une école, de voir tous ces bouts de choux, on les pique, on les rassure… Je n’avais jamais fait cela et c’est très enrichissant, vraiment intéressant.

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Cette mission me sort de mon quotidien, j’y exerce mes compétences dans un cadre radicalement différent et c’est important pour moi. La clé du succès, c’est la rigueur. C’est ce que j’appelle “ne pas avoir les deux pieds dans le même sabot” : être capable d’agir dans différentes situations, sur différents terrains…

Humainement aussi, c’est très enrichissant : on fait des rencontres extraordinaires, des gens que l’on n’aurait jamais côtoyés autrement, les locaux bien sûr, mais aussi les gens de l’équipe dont on fait la connaissance à ce moment là, et ce sont des liens très forts qui se tissent.

Ici, dans le Beaujolais, je n’ai rencontré que des gens adorables, qui se plient en quatre pour que l’on puisse installer un centre de vaccination dans leur village. Partout où l’on va, on rencontre des gens qui sont très sympas et ça ne fait que me motiver pour continuer à postuler à de nouvelles missions !

Nathalie, médecin et réserviste sanitaire