Entre Marseille et Cayenne, mes missions de renfort Zika

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Je m’appelle Bénédicte et je suis technicienne de laboratoire. On n’y pense pas souvent, mais les techniciens de laboratoire sont très sollicités en période d’épidémie, quand le nombre de prélèvements flambe ! Heureusement nous sommes quelques uns (pas assez paraît-il !) dans la Réserve sanitaire, nous avons été beaucoup sollicités au moment de l’épidémie Ebola, et avec le zika les laboratoires ont de nouveau besoin de nous. Lire la suite

L’Eprus à l’honneur au Salon Secours Expo 2016 !

Il y a quelques semaines, nous étions présents au salon Secours Expo à Paris. Un rendez-vous important pour l’EPRUS : le salon a été inauguré par la ministre de la Santé Marisol Touraine et le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, et Jean-Pierre fut même chargé de tenir le ruban inaugural coupé par les ministres, dont nous avons chacun gardé un petit morceau 🙂

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Les ministres Bernard Cazeneuve et Marisol Touraine inaugurent le salon Secours Expo

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Soins aux migrants : ma première mission EPRUS

Nos radios, télévisions nous parlent quasi quotidiennement des conditions de vie extrêmement difficiles des migrants installés à Calais et dans la région. On nous parle aussi de problèmes de sécurité, de situation tendue : relations difficiles avec les forces de l’ordre, avec les habitants riverains du camp, à l’intérieur du camp, on parle parfois de coups de feu particulièrement la nuit, d’arrestations. On nous parle moins de la situation sanitaire, mais elle est elle-aussi très précaire. Lire la suite

Grande-Synthe, point de Rencontres.

Il y a quelques mois, je découvrais l’EPRUS lors de mon recyclage AFGSU 2. Une réserve sanitaire civile. Je n’en avais jamais entendu parler, j’ai tout de suite été faire des recherches et je me suis inscrite.

Première formation en Janvier, j’ai eu la chance d’être sélectionnée pour faire l’exercice terrain du 1er au 5 février.

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L’exercice terrain, notre rampe de lancement

Nous sommes Claire et Edwin, et nous étions début février en exercice terrain avec l’EPRUS. Un exercice très particulier, qui s’est transformé pour nous en véritable « rampe de lancement » ! Quelques heures à peine après la fin de l’exercice, nous étions dans l’avion pour notre première mission EPRUS… Un tempo assez incroyable, que nous avons décidé de vous raconter… dans les airs.

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Attentats de Paris : ma mission au cœur de la cellule de crise de l’EPRUS

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Il est 21h, je suis dans le train de retour à Bordeaux, après quelques jours de détente à l’Ile de Ré, quand Gauthier Rakotonirina, cadre à la Réserve Sanitaire, m’appelle afin de me mobiliser pour une mission urgente, un renfort de l’équipe EPRUS elle-même.

La première des choses à laquelle je pense est « mais que fait Gauthier à cette heure-ci au bureau ? » Même si on s’en doute un peu aujourd’hui… Etant donné les événements parisiens, j’avais mon téléphone près de moi.

Sa parole est rythmée, rapide, le ton est précis, les consignes sont claires.

C’est là qu’il faut réfléchir vite et efficacement. « Think hard » comme disent les américains. En 10 secondes, je me demande : « suis-je disponible dans le temps imparti (en prévoyant toujours un jour ou deux de plus) ? A quelle heure est le prochain train pour Paris ? De quelles affaires aurai-je besoin aux vues des consignes données ? Où sont mon passeport et mon mug isotherme pour le café ? La nuit va être courte » …

Les réflexes acquis pendant l’exercice terrain sont encore frais. Et puis j’avoue, je connais déjà presque par cœur les horaires des trains du matin et surtout le temps complet nécessaire pour aller de la porte de mon appartement aux locaux de l’EPRUS.

La réponse ne se fait pas attendre : « Ok, c’est bon, je serai là à 9h30 demain matin ».

30 secondes après, Gauthier avait noté ma présence dans l’organisation et était déjà occupé à continuer de mobiliser le reste des réservistes et des moyens.

5 minutes après, mon billet était réservé (les appli, comme c’est pratique !) et la liste des choses à ne pas oublier était faite. C’est rapide car depuis longtemps, je me suis fait une liste « type » des affaires nécessaires aux missions. Il ne me reste qu’à annuler ce dont je n’aurai pas besoin (la prophylaxie paludisme par exemple).

A mon arrivée, une mission urgente à l’étranger est en cours d’annulation. Les directives ministérielles ont changé. L’ambiance dans les locaux est tendue, la suractivité est palpable. Nous ne sommes que quelques jours après les attentats de Paris, le monde est en ébullition.

Nous n’avons même pas le temps de penser à préparer le retour, une nouvelle mission tombe : il faut, urgemment, renforcer la Cellule Interministérielle d’Aide aux Victimes (CIAV), l’opération monte en puissance, il faut ouvrir à nouveau la cellule de crise de l’EPRUS. Il va falloir, en quelques heures, appeler, organiser, planifier, les centaines de réservistes qui ont répondu à l’alerte.

Il faut préparer la salle. Réunion éclair : Combien d’ordinateurs ? Combien de téléphones ? Installer une connexion internet, qui fera quoi ? …

La cellule de crise doit centraliser les différentes informations, répondre aux consignes du Ministère chargé des affaires étrangères (MAE), responsable de la CIAV, s’occuper de la logistique et définir la stratégie de communication. Un nombre restreint de personnes, de différentes compétences, va travailler ensemble, dans une même pièce, pour une efficacité renforcée. Chaque poste est notifié, chaque personnel est consigné à un poste. Il faut rendre compte en direct de l’avancée du travail, faire des points de situation toutes les deux à quatre heures, réévaluer la direction générale des opérations selon l’avancée du travail et des consignes. Installés dans les locaux de l’EPRUS, nous sommes en lien vidéo direct avec la CIAV.

J’ai appelé des dizaines et des dizaines de réservistes, beaucoup ont été très réactifs, je n’aurai la chance de voir les visages que de quelques uns. Le peu que j’ai croisés avaient la mine bien fatiguée certes, mais ravis d’avoir participé à cet élan de solidarité.Cellule urgence EPRUS Beatrice

 

Pour ma part, je suis ravie d’avoir aidé l’EPRUS, j’ai découvert une partie de « l’envers du décor », tout ce qui se passe à l’EPRUS quand une mission est lancée. Un travail complexe, passionnant et très prenant, que je suis prête à reprendre dès que ce sera nécessaire !

Merci à tous.

 

Béatrice

Infirmière réserviste

Conakry : Grâce au tuilage, les équipes se relaient mais la mission reste la même

 

Vingt-sept équipes se sont relayées à Conakry pour effectuer les contrôles sanitaires aux frontières dans le cadre de l’épidémie Ebola. Pour que chaque passation se passe correctement et que tout le monde trouve rapidement ses marques, nous bénéficions systématiquement de périodes dites de “tuilage”.

Ce sont des périodes charnières. Chaque mission est composée de plusieurs phases, animée par de multiples intervenants, située en un lieu parfois inconnu, et voit se croiser des équipes avec chacune son vécu, sa vision, son tempérament, sa disponibilité… Elles peuvent donc être des périodes complexes.

Nous faisons partie de l’équipe n°22, nous avons donc bénéficié d’un tuilage avec la 21. Nous en avons tiré des enseignements pour adapter le tuilage que nous avons conduit avec la 23.

 

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L’équipe 21 nous accueille : premier tuilage

Le dernier jour du tuilage avec l’équipe qui nous précédait a été vécu avec une tension palpable : dans les rues de Conakry, des opposants au régime manifestaient. Le départ de l’équipe 21 avait déjà été reporté à plusieurs reprises. Malgré cela, à notre arrivée à l’aéroport de Conakry Gbessi, l’équipe 21 nous a accueillis avec beaucoup de bienveillance. Tout avait été anticipé et programmé pour que le tuilage soit efficace. Nous avons visité les lieux dès notre arrivée et toute la soirée. Nous avons tout de suite été immergés dans le quotidien guinéen.

Beaucoup d’informations pratiques nous ont été transmises. Nous les avons écoutées avec attention et elle nous ont bien servies par la suite !

Elles concernaient aussi bien la vie pratique, que la gestion matérielle, le relationnel, l’ambiance générale des lieux que nous allions fréquenter ou les problèmes passés et leurs conséquences.

 

L’équipe 23 arrive : nous organisons leur tuilage

Pendant notre séjour à Conakry, nous avons pu constater que la lutte anti-Ebola était dans une phase de transition. La période post-Ebola débutait avec des exigences et des objectifs nouveaux : réintégration des structures de soin actuelles, nouvelles mesures sanitaires permanentes, travail épidémiologique, suivi problématique des malades dits « guéris ». L’équipe 23 allait donc probablement vivre une situation nouvelle.

Avant leur arrivée, nous avons réfléchi à la meilleure façon de les accueillir :

  • “Quel conseil peut-on leur donner pour réussir leur arrivée ?
  • Peut-être, mais ce n’est qu’une suggestion, venir simplement avec ses valises, sans présumer de ce qui va se passer ?
  • ou sans attendre d’avoir un programme arrêté ? arriver avec sa bonne humeur, sa disponibilité, son envie d’aller vers les autres, sa capacité à s’adapter quoi qu’il arrive.”

Nos discussions ont finalement essentiellement porté sur le bonheur que nous avons vécu en mission et qu’ils vivront aussi, la nécessité de travailler en collaboration plutôt qu’avec un système très hiérarchisé, ce qui semblait se dessiner par moment. Nous étions équipiers réservistes avant tout et il fallait rester humble.

“Avoir envie” : avoir envie de dialoguer, de partager, de rire, d’écouter, d’être un « Eprussien », pas une fonction, un métier ; être soi, être vrai. Être l’ambassadeur de l’EPRUS.

Nous avons beaucoup reçu de nos prédécesseurs et de la Guinée et espérons avoir su donner aux autres : “la vie est bien faite, si elle m’a permis de vous rencontrer un jour, c’est pour que l’on se revoit un autre”.

Michel, Jean-Pierre, Christian

Réservistes sanitaires