Sages-femmes et gynécos réservistes : passionnante mission à Mayotte !

mayotte pour le blog

Nous sommes Cécile, François et Jean-François, sages-femmes et gynécologue-obstétricien partis en renfort des équipes de l’hôpital de Mamoudzou, membres de la 1ere et de la 2e équipe de réservistes partis sur cette mission. Beaucoup de gens nous demandent « Alors, c’était comment cette mission ? » alors voilà, on a pris collectivement la plume !

Arriver en premier et installer une mission

En tant que référente de la première rotation de réservistes, moi, Cécile, j’étais chargée d’organiser la vie sur place, avec les premiers réservistes partis avec moi, dont François. Dans la première équipe il y avait 4 sages-femmes et 2 gynécologues, dans la deuxième, arrivée quelques jours après, il y avait 1 sages-femme et 3 gynécologues.

Quand on part sur une première équipe, c’est souvent un peu compliqué : à la fois nous sommes très attendus et à la fois il faut procéder à quelques « réglages » logistiques, expliquer aux collègues locaux qui nous sommes, ce que nous venons faire, ce qu’est  la Réserve sanitaire, comment elle est déclenchée, et le fait qu’elle apporte un renfort à titre ponctuel, lors d’une situation sanitaire exceptionnelle.

Dès notre arrivée, nous avons rencontré l’ARS de Mayotte auprès de laquelle nous sommes affectés. Faire le point à l’arrivée avec l’ARS c’est essentiel, à la fois pour se familiariser avec les enjeux de la mission, et préparer efficacement le « tuilage » avec les réservistes supplémentaires qui vont arriver et nous succéder. 

Une équipe de réservistes, c’est aussi un groupe de professionnels qui ne se connaissent pas avant la mission : il faut créer, souder cette équipe, qui va assumer collectivement une mission de renfort pour le compte de l’Etat et qui va devoir vivre ensemble en mission pendant plusieurs semaines. Ce travail sur l’équipe, on l’apprend lors des exercices terrain EPRUS, c’est souvent une activité dont l’intensité est sous-estimée mais qui est essentielle à la réussite.  

 

 

Des activités qui correspondent à nos compétences respectives

Pour être les plus efficaces possible, nous avons décidé d’assurer chacun le même poste tout au long de sa mission. En fonction de nos différents niveaux de compétences, et au regard du rythme intense de nos gardes, nous avons assuré des activités qui correspondaient aux compétences de chacun.

Nous nous sommes répartis entre les salles d’accouchement, le bloc obstétrical, les consultations du 9e mois, et les urgences où Cécile occupait de le poste de « tri”, c’est-à-dire était chargée d’évaluer le degré d’urgence des patientes, prendre en charge pour les premiers soins d’urgence avant d’orienter celles-ci vers les autres services, ou réaliser les consultations d’urgence en cours de grossesse.

 

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Des journées intenses  et riches !

La maternité de Mamoudzou est la plus grande de France avec près de 9 000 naissances attendues cette année contre 3 500 à 4 000 en moyenne pour une maternité importante en métropole. En effet, cette activité de l’hôpital est en partie liée à l’arrivée de nombreuses femmes enceintes des Comores, îles voisines de Mayotte. Alors sur place, les journées sont intenses et riches ! En journée nous travaillons :

  • pour les médecins de 7h30 à 18h et de 17h à 7h30
  • de 7h à 20h pour les sages-femmes.

Nous prenons en charge des femmes qui ont des pathologies que l’on ne voit peu ou plus en métropole, ou du moins, pas à un stade aussi avancé : diabète gestationnel, hypertension artérielle, mais aussi quelques cas d’hémorragie de la délivrance. On rencontre aussi régulièrement des femmes qui découvrent leur grossesse lors de la consultation.

 

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Utilité de notre mission et reconnaissance des collègues : une expérience très forte

Dans un tel contexte, nous nous sommes senti-e-s particulièrement utiles. Évidemment auprès des patientes, mais aussi auprès des sages-femmes sur place. Elles étaient très attachantes et parfois, quand elles nous croisaient dans la rue, elles avaient plaisir à nous faire un grand bonjour !  Elles étaient vraiment bienveillantes et reconnaissantes.

Un jour des sages-femmes nous ont dit : “Vous ne pouvez pas imaginer le bien que vous nous faites, vous qui avez décidé de tout laisser pour être à nos côtés.

Avec les réservistes, nous avons vécu une expérience très forte : nous avions des caractères différents, mais notre envie de nous investir dans un projet citoyen tel que celui-ci nous a soudés et nous pouvions compter les uns sur les autres.

Faire équipe avec les nouveaux réservistes qui arrivent

Nous avons veillé d’ailleurs veillé à cet aspect lorsqu’il s’est agi d’intégrer les nouveaux réservistes arrivant sur place, pendant la période de « tuilage ». Ainsi par exemple le médecin réserviste arrivant a pu assurer sa première garde en doublure avec le réserviste déjà présent. C’est important pour avoir une idée géographique du service, et comprendre au plus vite comment il fonctionne. On est rapidement devenus une équipe soudée : on était ensemble pendant le travail et on se retrouvait aussi le soir et durant nos jours de repos.

Transmettre aux autres sages-femmes

Après sa mission, Cécile a représenté, avec Julie, les sages-femmes de la Réserve sanitaire aux Assises Nationales des Sages-femmes à Saint-Malo du 25 au 27 mai.

La Réserve compte moins d’une centaine de sages-femmes, c’est encore trop peu pour assurer une présence intensive sur les lieux où la Réserve est appelée, car seuls les réservistes disponibles et volontaires pour une mission peuvent partir (sous réserve de l’accord de leur employeur s’ils en ont un). En plus, les missions sont courtes pour permettre à chacune et chacun de s’organiser au mieux au plan personnel et professionnel, mais du coup les rotations sont fréquentes et les besoins assez élevés. Il faut donc que nous soyions très nombreux et nombreuses pour que la Réserve puisse relever les défis qui lui sont demandés !

Photo 4Les Assises ont réuni environ 2000 professionnels, et environ la moitié se sont rendus sur le stand et 500 sages-femmes ont montré leur intérêt pour s’engager. Nous espérons que nos récits de missions les encourageront à finaliser leurs dossiers ! On compte sur elles et sur eux !

Cécile, François et Jean-François, réservistes sanitaires

 

 

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