Notre première mission de sage-femme en Guyane, en renfort contre le Zika

Nous sommes Dominique, Murielle, Florianne et Hugo, première équipe de sages-femmes à être intervenus en renfort des hôpitaux de Guyane, du 7 au 29 mars 2016. Après avoir répondu à la pré-alerte du lundi 2 mars, nous avons été appelés le mercredi pour partir le dimanche en Guyane. Nous sommes arrivés sur place une semaine seulement après la pré-alerte, le lundi 7 mars.

“Avoir comme projet de partir avec la Réserve Sanitaire c’est à la fois un projet familial mais également un projet de service qui engage toute une structure”. (Floriane)

Trois semaines de mission, cela peut paraître long, mais ça passe à une vitesse folle ! Comme nous faisions partis de la toute première mission de sages-femmes, nous n’avons pas eu de tuilage. Le temps de contacter l’ARS sur place qui nous a répartis dans les différents centres hospitaliers de l’île (Maripasoula, Cayenne, et Saint-Laurent-du-Maroni) puis de les rejoindre : en à peine une semaine, nous étions déjà à pied d’oeuvre !

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Dès notre arrivée, nous nous sommes très vite soudés et, même dispatchés dans les différents centres hospitaliers aux quatre coins de l’île, nous avons réussi à nous retrouver un dimanche pour découvrir la Guyane tous ensemble. Nous retrouvions ainsi la “bulle” dans laquelle nous avions pu être plongés pendant l’exercice terrain, bien loin de notre train-train quotidien.

“Exposés à une misère dont nous sommes préservés dans les différents centres de santé où nous exerçons en Métropole, nous avons ainsi appris à relativiser certaines situations face auxquelles nous pouvons nous retrouver confrontés dans le cadre de nos travaux”. (Murielle)

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Nos missions variaient selon les hôpitaux : à Maripasoula, nous réalisions des missions classiques de gynécologie-obstétrique en tant que sages-femmes tandis qu’à Saint-Laurent-du-Maroni nous nous occupions des consultations et des échographies afin de libérer du temps pour que les sages-femmes de l’hôpital puissent réaliser leurs consultations classiques : suivis de grossesse, protection maternelle infantile (PMI), contraception, et prévention. En effet, afin de surveiller les cas de Zika pour les femmes enceintes, le nombre d’échographies à réaliser durant la grossesse est passé d’une par trimestre à une par mois. Cela représentait une vingtaine de femmes consultées par journée de sept heures de travail. C’était un rythme très intense !

“Si je devais résumer ce que m’a apporté la mission en une phrase, c’est la relation que j’ai pu nouer avec les futures mamans, des différentes ethnies, que j’ai pu rencontrer”. (Dominique)

Nous étions parfois confrontés au problème de la langue : certaines patientes venaient du Brésil, du Surinam ou parlaient seulement anglais. Heureusement, le personnel sur place parlait créole et Hugo connaissait la “langue du fleuve”, ou “taki-taki” : un mélange étonnant d’anglais, de néerlandais et de portugais mâtiné de dialectes africains !

Il a aussi comme avantage d’avoir été recruté trois mois en 2015 à l’hôpital de Cayenne, de septembre à décembre. Il a donc repris en tant que réserviste la même activité que celle qu’il avait menée à Cayenne pendant quelques mois, et aux côtés de ses anciens collègues. Connaître le terrain avant d’arriver a été un bel avantage !

“C’était très intéressant pour moi de travailler au même endroit mais avec des interlocuteurs différents” (Hugo).

L’ARS était très à l’écoute de nos rapports. Ils ont ainsi accepté, lorsque nous leur avons proposé avec le centre de Maripassoula, de faire venir une relève de réservistes à la fin de notre mission le 29 mars. Le centre en avait besoin et nous avons pu profiter du weekend de Pâques pour réaliser le tuilage avec la nouvelle équipe.

C’est ensemble que nous avons proposé une répartition de notre équipe de relève, selon les profils habitués aux grosses structures et ceux qui avaient davantage l’habitude de réaliser des consultations dans les petites structures.

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Quand on prend du recul, cette mission nous a permis de grandir professionnellement grâce aux contacts humains sur place, mais également grâce aux soutiens de nos collègues. Ceux de Floriane par exemple n’ont pas hésité à la remplacer au pied levé lorsqu’elle a été mobilisée dans le cadre de la mission. Nous partageons avec eux notre expérience de réserviste sanitaire, en partageant des photos prises durant les différentes formations (la première journée d’introduction, les séminaires humanitaires, la journée de formation à la cellule d’urgence psychologique, et les formations sur la plateforme en ligne AGIRS, etc.).

Ca a été trois semaines de mission intensives mais tellement enrichissantes ! Nous en gardons tous un souvenir très fort d’entraide : entre les professionnels sur place mais aussi de la part de tous nos collègues qui nous ont permis de partir… que nous avons tout de même hâte de retrouver pour leur raconter notre mission !

Dominique, Murielle, Florianne et Hugo

Réservistes sanitaires et sages-femmes

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