Attentats de Paris : ma mission au cœur de la cellule de crise de l’EPRUS

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Il est 21h, je suis dans le train de retour à Bordeaux, après quelques jours de détente à l’Ile de Ré, quand Gauthier Rakotonirina, cadre à la Réserve Sanitaire, m’appelle afin de me mobiliser pour une mission urgente, un renfort de l’équipe EPRUS elle-même.

La première des choses à laquelle je pense est « mais que fait Gauthier à cette heure-ci au bureau ? » Même si on s’en doute un peu aujourd’hui… Etant donné les événements parisiens, j’avais mon téléphone près de moi.

Sa parole est rythmée, rapide, le ton est précis, les consignes sont claires.

C’est là qu’il faut réfléchir vite et efficacement. « Think hard » comme disent les américains. En 10 secondes, je me demande : « suis-je disponible dans le temps imparti (en prévoyant toujours un jour ou deux de plus) ? A quelle heure est le prochain train pour Paris ? De quelles affaires aurai-je besoin aux vues des consignes données ? Où sont mon passeport et mon mug isotherme pour le café ? La nuit va être courte » …

Les réflexes acquis pendant l’exercice terrain sont encore frais. Et puis j’avoue, je connais déjà presque par cœur les horaires des trains du matin et surtout le temps complet nécessaire pour aller de la porte de mon appartement aux locaux de l’EPRUS.

La réponse ne se fait pas attendre : « Ok, c’est bon, je serai là à 9h30 demain matin ».

30 secondes après, Gauthier avait noté ma présence dans l’organisation et était déjà occupé à continuer de mobiliser le reste des réservistes et des moyens.

5 minutes après, mon billet était réservé (les appli, comme c’est pratique !) et la liste des choses à ne pas oublier était faite. C’est rapide car depuis longtemps, je me suis fait une liste « type » des affaires nécessaires aux missions. Il ne me reste qu’à annuler ce dont je n’aurai pas besoin (la prophylaxie paludisme par exemple).

A mon arrivée, une mission urgente à l’étranger est en cours d’annulation. Les directives ministérielles ont changé. L’ambiance dans les locaux est tendue, la suractivité est palpable. Nous ne sommes que quelques jours après les attentats de Paris, le monde est en ébullition.

Nous n’avons même pas le temps de penser à préparer le retour, une nouvelle mission tombe : il faut, urgemment, renforcer la Cellule Interministérielle d’Aide aux Victimes (CIAV), l’opération monte en puissance, il faut ouvrir à nouveau la cellule de crise de l’EPRUS. Il va falloir, en quelques heures, appeler, organiser, planifier, les centaines de réservistes qui ont répondu à l’alerte.

Il faut préparer la salle. Réunion éclair : Combien d’ordinateurs ? Combien de téléphones ? Installer une connexion internet, qui fera quoi ? …

La cellule de crise doit centraliser les différentes informations, répondre aux consignes du Ministère chargé des affaires étrangères (MAE), responsable de la CIAV, s’occuper de la logistique et définir la stratégie de communication. Un nombre restreint de personnes, de différentes compétences, va travailler ensemble, dans une même pièce, pour une efficacité renforcée. Chaque poste est notifié, chaque personnel est consigné à un poste. Il faut rendre compte en direct de l’avancée du travail, faire des points de situation toutes les deux à quatre heures, réévaluer la direction générale des opérations selon l’avancée du travail et des consignes. Installés dans les locaux de l’EPRUS, nous sommes en lien vidéo direct avec la CIAV.

J’ai appelé des dizaines et des dizaines de réservistes, beaucoup ont été très réactifs, je n’aurai la chance de voir les visages que de quelques uns. Le peu que j’ai croisés avaient la mine bien fatiguée certes, mais ravis d’avoir participé à cet élan de solidarité.Cellule urgence EPRUS Beatrice

 

Pour ma part, je suis ravie d’avoir aidé l’EPRUS, j’ai découvert une partie de « l’envers du décor », tout ce qui se passe à l’EPRUS quand une mission est lancée. Un travail complexe, passionnant et très prenant, que je suis prête à reprendre dès que ce sera nécessaire !

Merci à tous.

 

Béatrice

Infirmière réserviste

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